Chelostoma
La distribution du genre Chelostoma est limitée à la région paléarctique. On connait à ce jour une vingtaine d’espèces au niveau mondiale, parmi lesquelles 7 sont présentes en Suisse.
Ce sont des abeilles strictement oligolectiques, plutôt estivales, qui nichent dans des galeries déjà existantes.
Comment les reconnaître ?
Le genre Chelostoma regroupe des espèces de taille variable qui ont un corps noir très allongé et fin, une tête massive prolongé par un labre proéminant et souvent de fortes mandibules, ainsi qu’un thorax particulièrement allongé et plat dessus (l’aire dorsale du propodeum et le post-scutellum sont sur le même plan que le mesonotum). Au sein du genre, on peut distinguer deux groupe d’espèces : le premier comprend les espèces de très petites tailles (5-6 mm) qui n’ont pas de bandes de poils marquées sur la marge des tergites, le second regroupe les plus grandes espèces (7-14 mm) qui ont des bandes de poils blancs bien marquées sur la marge des tergites. Les espèces du premier groupe peuvent facilement se confondre avec d’autres petites espèces, comme par exemple du genre Lasioglossum, mais ces dernières ont comparativement un abdomen plus large, une tête plus ronde et une scopa tibiale et non ventrale. Les espèces du second groupe peuvent se confondre avec les représentants du genre Heriades et Hoplitis leucomelana, mais ces derniers sont plus petits et ont comparativement un corps moins allongé, un thorax plus court et de plus petites mandibules.
Une identification sur le terrain est uniquement envisageable pour les plus grandes espèces. Elle se fait en grande partie sur la base des préférences florales, toutes les espèces du genre étant spécialisées sur une seule famille de plante. Les mâles peuvent aussi être identifiés de cette manière, puisqu’ils patrouillent activement autour des plantes-hôtes utilisées par les femelles et dorment souvent dans celles-ci. Sous la loupe binoculaire, les femelles se différencient à la forme du clypeus et du labre, la forme de la tête et la largeur de l’aire dorsale du propodeum. Les mâles se différencient surtout à la forme du tergite 7 ainsi qu’à la longueur et à la forme des articles antennaires.
Pour l’identification des espèces suisses du genre Chelostoma, une clé de détermination est présente dans le livre Apidae 4 publié en 2004 dans la série Fauna Helvetica. Ce volume comprend aussi les clés et les descriptions d’espèces pour d’autres genres, notamment Osmia, Hoplitis et Megachile. Ce volume est malheureusement épuisé et aucune réédition n’est prévue pour le moment. Mais il peut toutefois être téléchargé au format PDF .
Cycle de vie et nidification
Les espèces du genre Chelostoma émergent pour la plupart à la fin du printemps (mai) et volent tout l’été, jusqu’en août voire jusqu’en septembre pour C. campanulorum, l’espèce la plus tardive. Les espèces spécialisées sur Ranunculaceae volent souvent plus tôt dans la saison, d’avril à juin-juillet. Toutes les espèces sont univoltines. Les mâles émergent de 3 à 7 jours avant les femelles. Ils dorment souvent dans les inflorescences des plantes-hôtes.
Ce sont toutes des espèces solitaires. Les femelles nichent dans le bois ou les tiges de certaines plantes, notamment le roseau. Elles utilisent le plus souvent les galeries laissées dans le bois mort par certains coléoptères xylophages. Elles colonisent aussi massivement les tiges sèches utilisées pour les toits en chaumes. Les nids se composent d’une galerie horizontale dans laquelle la femelle construit les cellules à couvain. Les cellules à couvain sont construites les unes après les autres, un mur fin en mortier séparant chacune d’elles. Lorsqu’une femelle construit un nouveau nid, elle commence par construire une paroi en mortier en bout de galerie. La femelle amène ensuite du pollen et du nectar jusqu’à former une réserve de nourriture suffisante prenant la forme de la galerie. La femelle dépose ensuite un œuf au milieu de la provision. Celui-ci est uniquement attaché à la provision par une de ses extrémités. La larve se développe ensuite jusqu’à former un cocon dans lequel elle se métamorphosera. Selon l’espèce, les individus passent l’hiver à l’état de pupe ou de pré-pupe. Un nid contient en moyenne 2-3 cellules (1-5). Chaque nid est fermé par un mur en mortier plus épais. Ce dernier est souvent composé de petits cailloux. Le mortier est formé à l’aide de nectar et de diverses sécrétions que la femelle mélange à de la terre. Entre la dernière cellule construite et l’entrée du nid, on trouve souvent une espace vide. Chez C. florisomne, on trouve aussi des cellules vides en alternance avec les cellules à couvain.
Actuellement, on connait une seule espèce d’abeille-coucou qui parasite le genre Chelostoma. Il s’agit de Stelis minima qui est spécialisée sur C. campanulorum et probablement C. distinctum. Certaines guêpes parasites, comme Sapyga clavicornis et le genre Ephialtes, sont régulièrement rencontrées dans les nids de Chelostoma.
Préférences florales
Les abeilles du genre Chelostoma sont toutes spécialisées sur un seul type de pollen. Quatre espèces sont spécialisées sur Campanulaceae, deux espèces sur Ranunculaceae et la dernière, C. grande, est spécialisée sur Caprifoliaceae (principalement les genres Knautia et Scabiosa). Les femelles sont très efficaces pour récolter le pollen de leurs plantes-hôtes. Les vols de récolte de C. florisomne, par exemple, ne durent en moyenne que 20 minutes. Le pollen est stocké et transporté dans le scopa qui se trouve, comme chez tous les Megachilidae, sous l’abdomen des femelles.
Comportement de reproduction
Les mâles patrouillent intensivement autour des plantes-hôtes sur lesquelles les femelles récoltent le pollen. La copulation a ainsi régulièrement lieu directement sur les fleurs.
| Espèce | Nom vernaculaire | Groupe (scientifique) |
|---|---|---|
| Chelostoma campanularum (Kirby, 1802) | ||
| Chelostoma distinctum (Stöckhert, 1929) | ||
| Chelostoma emarginatum (Nylander, 1856) | ||
| Chelostoma florisomne (Linnaeus, 1758) | ||
| Chelostoma foveolatum (Morawitz, 1868) | ||
| Chelostoma rapunculi (Lepeletier, 1841) | ||
| Chelostoma grande (Nylander, 1852) |