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Macropis

Le genre Macropis est composé de seulement 16 espèces dont la distribution se limite à la zone holarctique. Deux espèces sont présentes en Suisse.

Les espèces du genre Macropis sont des abeilles à lange courte dont l’abdomen est noir et brillant, seules les marges des tergites étant recouvertes d’une dense bande de poils clairs. Les deux espèces de Suisse sont oligolectiques et récoltent uniquement le pollen du genre Lysimachia (Primulaceae).

Comment les reconnaître ?

Le genre Macropis regroupe des abeilles de taille moyenne (8-9 mm) d’aspect trapu et brillantes, l’abdomen étant court et majoritairement glabre. Ce sont des abeilles à deux cellules cubitales. Leur morphologie générale ainsi que leurs préférences polliniques permettent normalement de reconnaître facilement les abeilles du genre Macropis, y compris sur le terrain. Les femelles sont caractérisées par leur corps noir et brillant, recouvert d’une pilosité clairsemée à l’exception de la marge des tergites qui est recouverte d’une dense bande de poils. Les pattes postérieures sont très développées, le métatarse 3 étant fortement élargi et la scopa de couleur blanche contrastant fortement avec la couleur du reste du corps. Les mâles ressemblent globalement beaucoup aux femelles. Cependant, leur face est en partie teintée de jaune et le fémur ainsi que le tibia 3 sont fortement élargis. Les femelles du genre Macropis sont en général identifiables à l’espèce sur le terrain, en tenant compte de la couleur de la pilosité des métatarses 2 et 3. Le critère diagnostique des mâles est plus difficile à observer sur le terrain, une identification sûre nécessitant une observation à l’aide d’une loupe binoculaire.

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Les femelles du genre Macropis sont des abeilles majoritairement noires et brillantes qui possèdent des bandes de poils bien marquées sur la marge des tergites. Photo © Albert Krebs.

Pour l’identification du genre Macropis, une clé de détermination est présente dans le livre Apidae 5 publié en 2007 dans la série Fauna Helvetica. Ce volume comprend aussi les clés et les descriptions d’espèces pour de nombreux autres genres, notamment Anthophora, Eucera et Nomada. Ce livre étant en rupture de stock, une version PDF peut être téléchargée gratuitement, sur le site du Centre Suisse de Cartographie de la Faune (CSCF).

Cycle de vie et nidification

Les abeilles du genre Macropis sont des abeilles solitaires volant en début/fin d’été. M. fulvipes émerge déjà début juin, alors que M. europaea apparait seulement deux semaine plus tard, dès la seconde quinzaine de juin.

Ce sont toutes des espèces univoltines. La larve met environ 2 semaines pour finir sa réserve de nourriture. Elle construit alors un cocon composé de deux couches. La première couche est déjà terminée au moment où la larve défèque. Les crottes sont ainsi emprisonnées entre la couche extérieure de couleur brunâtre et la couche intérieure qui est plus fine et brillante. Les individus passent l’hiver au stade de pré-pupe.

Les abeilles du genre Macropis sont des espèces excavatrices qui forment généralement des agrégations. Les nids sont généralement creusés dans des talus ou légèrement en pente, dans des sols assez divers. L’entrée des nids sont souvent cachées sous des herbes ou de la mousse. Elle est généralement bordée d’un petit tumulus. Des nids des deux espèces suisses ont été décrits en détail : leur construction est très similaire. En général, le nid consiste en une galerie principale ramifiée ou non s’enfonçant d’une dizaine de centimètres seulement dans le substrat. La galerie est d’abord creusée de biais ou à la verticale avant de former un coude et de continuer à l’horizontale. Chaque galerie se termine par une ou deux cellules à couvain (rarement plus): dans ce dernier cas, les deux cellules sont construites directement l’une derrière l’autre. Les nids sont très peu profonds, les cellules à couvain se trouvant à une profondeur de seulement quelques centimètres (2-4). Ces cellules sont toujours au moins légèrement inclinées de sorte que l’entrée de la cellule se trouve vers le haut. Elles contiennent un pain de pollen ovale qui repose sur deux petites protubérances. Cette réserve de nourriture est composée majoritairement de pollen et d’huiles végétales provenant des plantes de Lysimachia, mais aussi une petite proportion de nectar provenant d’autres plantes. La paroi interne des cellules est entièrement recouverte d’une couche imperméable, de couleur vert-olive et d’aspect mat. Cette substance provient directement d’huiles végétales des Lysimachia que la femelle récolte et applique sur la paroi à l’aide de ses pattes antérieures. Lorsque la paroi est entièrement recouverte d’une couche d’huile, la femelle lèche une fois toute la paroi : il est donc possible que la femelle applique avec sa langue certaine de ses propres sécrétions. Une fois l’œuf pondu, la cellule est fermée par un bouchon en terre formant une spirale.

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Femelle de Macropis fulvipes entrant dans son nid. Photo © Albert Krebs.

Les deux espèces indigènes sont les hôtes exclusifs de l’abeille-coucou Epeoloides coecutiens.

Préférences florales

M. fulvipes et M. europaea sont des espèces oligolectiques strictement spécialisées sur le pollen du genre Lysimachia (Primulaceae). Outre le pollen, les femelles récoltent aussi des huiles produites par leurs plantes-hôtes pour nourrir les larves et très certainement imperméabiliser les cellules à couvain. Pour récolter ces huiles, les femelles possèdent sur leurs pattes une pilosité courte fortement ramifiée permettant de retenir les huiles par capillarité. Mâles et femelles se nourrissent du nectar de nombreuses autres plantes.

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Femelle de Macropis europaea récoltant sur Lysimachia vulgaris. La femelle est en position typique de défense, avec les pattes relevées en arrière. Ce comportement vise surtout à limiter les assauts des mâles. Photo © Dimitri Bénon.

Au cours de la journée, la femelle alterne entre les visites à huile uniquement et les visites à huile et pollen. Pour récupérer les huiles végétales, la femelle utilise ses pattes antérieures et médianes pour frotter la base des pétales et le filet des étamines où sont produites les huiles. Ces visites ont généralement lieu en début de matinée et servent à la construction des cellules à couvain, les huiles végétales étant déposées par la femelle comme protection sur toute la paroi interne. Lors des visites mixtes, la femelle récolte simultanément les huiles végétales et le pollen en tapotant son abdomen contre les anthères afin qu’elles libèrent leur pollen. Celui-ci se dépose alors dans les poils présents sur les sternites de l’abeilles. Pollen et huiles végétales sont ensuite amener vers la scopa des pattes postérieures lors de manœuvres de nettoyage (« grooming »). Il faut en moyenne 12 vols de récolte mixte pour approvisionner une cellule à couvain, ce qui correspond à environ 460 fleurs visitées. Une femelle produit en moyenne une cellule par jour. Les femelles ont probablement un territoire de récolte très limité, la plupart des nids découverts se trouvant à moins de 30 m des populations de Lysimachia.

Comportement de reproduction

Les mâles semblent délimiter des territoires qu’ils patrouillent intensivement à la recherche de femelles. Ces vols de patrouille ont principalement lieu autour des patchs des plantes-hôtes, mais aussi au-dessus des sites de nidification. Cependant, il semble que les accouplements se déroulent uniquement sur les fleurs. Les mâles sont plutôt agressifs et foncent sur tout ce qui bouge, y compris sur d’autres mâles ou d’autres espèces d’abeilles. Pour se protéger des assauts des mâles, les femelles rejettent leurs pattes postérieures en arrière, au-dessus de leur abdomen. Les mâles passent la nuit en solitaires dans des fleurs.

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Dortoir à mâles de Macropis europaea sur Lysimachia vulgaris. Photo © Albert Krebs.
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Espèce Nom vernaculaire Groupe (scientifique)
Macropis fulvipes (Fabricius, 1804)
Macropis europaea Warncke, 1973