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Systropha

Le genre Systropha regroupe 25 espèces au niveau mondiale, toutes distribuées dans l’Ancien Monde (Afrique, Europe, ainsi que Proche- et Moyen-Orient jusqu’en Asie du Sud-Est). Actuellement, une seule S. curvicornis est présente en Suisse (historiquement aussi S. planidens).

C’est une espèce très thermophile qu’on retrouve uniquement en Valais.

Comment les reconnaître ?

Les espèces européennes du genre Systropha sont des abeilles de taille moyenne (10-11 mm) facilement reconnaissable sur le terrain. Ce sont des abeilles noires a trois cellules cubitales qui ont une tête courte et un très gros abdomen (un peu globuleux). Les femelles ont des antennes courtes alors que les mâles ont de longues antennes caractéristiques, enroulées en triangle à leur extrémité. L’abdomen des femelles (face ventrale et côtés de la face dorsale) est recouvert d’une longue pilosité modifiée servant à la récolte du pollen. Les mâles ont des protubérances marquées sur les sternites 2 et 3.

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Les mâles du genre Systropha se reconnaissent très facilement sur le terrain à leurs antennes dont l'extrémité est enroulée en triangle. Bien qu'ils passent le plus souvent la nuit dans les inflorescences de Convolvulus, on peut parfois les retrouver accrocher à des tiges de plantes. Photo © Andreas Müller.

Pour l’identification du genre Systropha, une clé de détermination est présente dans le livre Apidae 2 publié en 1999 dans la série Fauna Helvetica. Ce volume comprend aussi les clés et les descriptions d’espèces pour d’autres genres, notamment Rhophitoides et Rophites. La version rééditée (2014) peut être commandé sur le shop en ligne du Centre Suisse de Cartographie de la Faune (CSCF).

Cycle de vie et nidification

Le genre Systropha regroupe des abeilles solitaires volant en début et milieu d’été. Les mâles émergent 2-3 semaines avant les femelles. Les larves forment un cocon dans lequel l’individu passe l’hiver au stade de pré-pupe.

Ce sont des espèces excavatrices nichant les sols plutôt sableux à végétations clairsemées. L’entrée des nids est généralement entourée d’un tumulus décalé vers l’avant du trou d’entrée. Le nid consiste en une galerie principale plus ou moins verticale de laquelle partent des courtes galeries latérales menant aux cellules à couvain. Les cellules sont toutes solitaires et de forme ovale. Leur paroi est nue et fragile chez S. curvicornis, recouverte d’une couche protectrice brillante chez S. planidens. Après la ponte, la cellule est fermée par un bouchon et la galerie latérale est remplie de terre. Un nid contient entre 6-8 cellules.

Biastes brevicornis est spécialisée sur le genre Systropha. L’espèce est cependant absente de Suisse.

Préférences florales

S. curvicornis est oligolectique sur Convolvulaceae. En Suisse, elle récolte uniquement le pollen de C. arvensis. Ailleurs en Europe, elle utilise aussi le pollen de C. cantabrica et C. althaeoides.

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Les femelles du genre Systropha ont sur leur abdomen une pilosité modifiée leur permettant de récolter très efficacement le pollen de Convolvulus. Photo © Felix Amiet.

Comportement de reproduction

Les mâles patrouillent intensivement autour des plantes-hôtes à la recherche de femelles. Ils sont territoriaux, chaque mâle suivant un circuit spécifique faisant le tour de son territoire. Lorsqu’un mâle rencontre un concurrent, il l’assaille en utilisant son abdomen comme bélier. L’accouplement a le plus souvent lieu directement sur les inflorescences. Il semble que l’attraction des femelles soit liée à des stimuli visuels (longue distance) et olfactifs (courte distance). L’activité des mâles diminuent fortement dès le début d’après-midi, quelques temps avant que les fleurs de Convolvulus commencent à se fermer. Ils se posent alors dans une fleur et attendent que celle-ci se ferme pour y passer la nuit. Ils s’accrochent aussi parfois à l’aide de leur mandibule à des tiges de plantes sèches.

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