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Epeolus

Le genre Epeolus a une distribution holarctique, avec un centre de diversité en Amérique du Nord. On dénombre environ 110 espèces au niveau mondial, cinq étant présentes en Suisse. L'unique espèce européenne du genre proche Triepeolus, T. tristis, a souvent été placée dans le genre Epeolus (Amiet et al. 2007). Nous suivons Michener (2007) et Scheuchl & Willner (2016) et reconnaissons ces deux genres comme distincts.

Les espèces du genre Epeolus sont des abeilles-coucous spécialisées sur le genre Colletes. On rencontre ces abeilles souvent discrètes surtout à proximité des sites de nidification de leurs hôtes, plus rarement sur les fleurs.

Comment les reconnaître ?

Le genre Epeolus se compose essentiellement d’abeilles dont la taille ne dépasse pas 9 mm. Ce sont des abeilles à langue longue qui possèdent trois cellules cubitales, la troisième étant nettement plus petite que les deux autres. Leur corps est trapu et l’abdomen se rétrécit régulièrement vers l’extrémité, ce qui lui donne une forme triangulaire caractéristique.

Le genre se reconnaît dans la majorité des cas assez facilement à l'abdomen noir recouvert de taches pileuses blanches ne formant pas de bandes continues, et à la coloration rouge des pattes, un caractère qui les distingue du genre proche Triepeolus et du genre Thyreus. E. fallax, une espèce en expansion en Europe trouvée récemment dans la région bâloise, a les pattes entièrement noires et ressemblent ainsi fortement aux espèces de ces deux genres. Par rapport au genre Thyreus, le genre Epeolus est caractérisé par un scutellum bombé et par la présence d’une large dent triangulaire dirigée vers l’arrière de chaque côté du scutellum; le genre Thyreus a un scutellum plat avec deux dents applaties au milieu. Les différences avec le genre Triepeolus, très rare en Suisse, sont indiquées sur la page de ce genre.

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La plupart des espèces indigènes du genre Epeolus ont le corps noir et rouge avec des taches pileuses blanches bien visibles sur les tergites. Ici, une femelle d'E. alpinus. Photo © Dimitri Bénon.

En dehors de E. fallax qui se reconnaît à sa plus grande taille et la coloration noire des pattes, l’identification des espèces du genre Epeolus est difficile et ne peut être réalisée sur le terrain. Seule E. alpinus, vraisemblablement toujours associée à Colletes impunctatus en Suisse, peut être reconnue facilement car elle vole toujours au dessus de 1500m dans des milieux subalpins ou alpins, contrairement aux autres espèces. Pour l’identification du genre Epeolus, une clé de détermination est présentée dans le livre Apidae 5 (Amiet et al. 2007). E. fallax n'est pas inclue dans cette clé mais peux facilement être identifiée à l’aide des critères mentionnés sur la page de l'espèce. La monographie de Bogusch & Hadrava (2018) concernant les espèces européennes des genres Epeolus et Triepeolus est aussi une source d'informations importantes.

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Contrairement aux femelles, le scutellum des mâles est entièrement noir. Ici, un mâle d'E. cruciger. Photo © Dimitri Bénon.

Cycle de vie et nidification

Le genre Epeolus se compose d’abeilles-coucous univoltines et estivales, dont la période de vol se situe entre juillet et octobre. La nouvelle génération passe probablement l’hiver au stade de prépupe.

Toutes les espèces parasitent les nids du genre Colletes. La plupart d'entre elles utilisent plusieurs hôtes, ce qui peut avoir un impact considérable sur la taille des individus. On connait assez mal la biologie des espèces européennes. En Amérique du Nord, Torchio & Burdick (1988) ont étudié le comportement d’Epeolus compactus. La femelle pond ses œufs dans des cellules ouvertes ou déjà fermées selon le type de nid parasité. En effet, lorsqu’il s’agit d’un ancien nid réutilisé, la femelle parasite des cellules encore ouvertes et cache alors son œuf dans les petits espaces présents entre la paroi de la cellule et le sol. Lorsqu’il s’agit de nouveaux nids, la paroi de la cellule est directement adjacente au sol : la femelle parasite alors des cellules fermées dans lesquelles est introduit son œuf à travers le bouchon terminal. Pour pouvoir pondre son œuf, la femelle découpe une petite ouverture dans la fine paroi de cellophane qui délimite la cellule à l’aide de l’extrémité modifiée du sternite 6 (fourchue et prolongée de petites griffes). La femelle pond alors son œuf à travers cette ouverture avant de la refermer à l’aide de sécrétions provenant de la glande Dufour pour assurer son imperméabilité. Ces sécrétions permettent aussi de fixer l’œuf : celui-ci est attaché à la paroi par une seule de ses extrémités.

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