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Dasypoda

Le genre Dasypoda a une distribution paléarctique et comprend 29 espèces au niveau mondial. Deux espèces sont présentes en Suisse, D. argentata et D. hirtipes.

C’est un genre souvent considéré comme primitif au sein des Apidoidea.

Comment les reconnaître ?

Le genre Dasypoda regroupe des abeilles de grande taille (13-16 mm) très poilues. Les femelles sont principalement caractérisées par leurs pattes arrières qui sont recouvertes d’une longue et dense pilosité. Ce critère permet de reconnaître facilement le genre sur le terrain. Elles ont un abdomen assez allongé et seulement deux cellules cubitales. Les mâles ont une morphologie moins caractéristiques. Ceux de D. hirtipes peuvent par exemple facilement se confondre avec ceux de Melitta leporina. Une loupe binoculaire est nécessaire pour leur identification.

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Femelle récoltant du pollen sur Cichorioideae. On peut voir la pilosité imposante des pattes arrières typique du genre. Photo © Albert Krebs.

Pour l’identification du genre Dasypoda, une clé de détermination est présente dans le livre Apidae 5 publié en 2007 dans la série Fauna Helvetica. Ce volume comprend aussi les clés et les descriptions d’espèces pour d’autres genres, notamment Melitta et Nomada. Cet ouvrage est malheureusement épuisé.

Cycle de vie et nidification

Les abeilles du genre Dasypoda sont des abeilles solitaires estivales, qui volent surtout entre juillet et septembre. Les mâles émergent quelques jours avant les femelles. Les larves ne forment pas de cocon: il est cependant probable qu'elles sécrètent une substance qui imprègne la paroi de la cellule juste avant de passer au stade de pré-pupe pour passer l'hiver.

Ce sont des espèces excavatrices nichant principalement dans les sols sableux à végétation clairsemé. Elles forment le plus souvent des agrégations qui peuvent atteindre plusieurs centaines de nids. L’entrée des nids est entourée d’un tumulus. La biologie de nidification des deux espèces suisses a été décrite par plusieurs auteurs (Müller 1884, Pouvreau & Loublier 1995, Celary 2002, 2005). Les cellules à couvain se sont placées individuellement ou par 2 ou 3 au bout de courtes galeries latérales horizontales creusées à différentes profondeurs. Chaque galerie latérale est reliée à une galerie principale plus ou moins verticale pouvant atteindre jusqu’à 1 m. La paroi des cellules n’est enduite d’aucune couche protectrice. La femelle commence par approvisionner la cellule en pollen, puis elle y amène le nectar et forme et le pain de pollen. Celui-ci a une forme sphérique et possède de petites protubérances caractéristiques, en forme de pieds (D. hirtipes) ou de rails (D. argentata), servant probablement à limiter le contact entre la paroi et la réserve de pollen, limitant ainsi les risques de moisissures. Une fois l’œuf (5-6 mm) pondu sur la provision, la cellule est fermée et la galerie latérale remplie de sol. Les nids contiennent généralement une dizaine de cellules. Une femelle ne produit qu'un seul nid. Quand celui-ci est terminé, la galerie principale est aussi remplie de sol.

Les femelles passent la nuit dans les nids, l’entrée étant soit fermée de l’intérieur (D. hirtipes), soit laissée ouverte (D. argentata). Au tout début de leur vie, lorsqu’elles n’ont pas encore commencé la construction de leur nid, les femelles s’enfouissent dans le sol pour passer la nuit.

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Tumulus à l'entrée d'un nid de D. hirtipes. Photo © Albert Krebs.

On ne connait aucune abeille-coucou parasitant le genre Dasypoda. Certains auteurs soupçonnent cependant Epeolus variegatus de parasiter D. hirtipes.

Préférences florales

Toutes les espèces du genre Dasypoda sont spécialisées, en Suisse soit sur Asteraceae (D. hirtipes), soit sur Caprifoliaceae (D. argentata). La très large scopa des femelles leur permettent de transporter beaucoup de pollen à la fois. Les femelles récoltent en général le pollen à courte distance du nid, mais parfois jusqu’à 2 km.

Comportement de reproduction

Les mâles patrouillent intensivement autour des plantes-hôtes, souvent à proximité des sites de nidification. L’accouplement a souvent lieu sur les capitules des fleurs et ne dure que quelques secondes. Plusieurs stimuli interviennent dans l’attractivité des femelles, notamment visuels (très large scopa) et olfactifs (phéromones). Les mâles passent souvent la nuit accrochés à des inflorescences.

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