Heriades
Le genre Heriades comprend près de 150 espèces réparties entre les régions paléarctiques, néarctiques, afrotropicales et orientales. Leur centre de diversité se trouve en Afrique subsaharienne. Dans la région Paléarctique, 22 espèces ont été décrites. En Suisse, trois espèces sont présentes.
Ce sont de petites abeilles estivales qui sont spécialisées sur le pollen d’Asteraceae.
Comment les reconnaître ?
Les abeilles du genre Heriades sont de petites abeilles (6-7 mm) plutôt allongées qui présentent des fines bandes de poils blancs sur la marge des tergites. Le critère distinctif du genre est une carène qui est présente à la base du premier tergite. Ce caractère est cependant difficile à observer sans une loupe. Sur le terrain, on peut reconnaître le genre 1) par sa morphologie allongée mais assez robuste, 2) la ponctuation très marquée et dense présente sur tout le corps, donnant un aspect un peu mat et 3) par les préférences florales (spécialisées sur Asteraceae). Les deux espèces présentes en Suisse peuvent se confondre avec certaines espèces du genre Chelostoma et Stelis , ainsi qu’avec Hoplitis leucomelana. Sous la loupe binoculaire, les femelles se différencient à la marge du clypeus, la structure du mesonotum et la forme de la tête. L’identification des mâles se basent surtout sur la forme du tergite 6 ainsi que sur la forme de la tête et la structure du mesonotum.
Pour l’identification des espèces suisses du genre Heriades, une clé de détermination est présente dans le livre Apidae 4 publié en 2004 dans la série Fauna Helvetica. PDF
Cycle de vie et nidification
H. crenulatus, H. rubicola et H. truncorum sont des espèces estivales qui volent essentiellement entre juin et août. Une seule génération est produite par saison, les mâles émergeant seulement quelques jours avant les femelles. Les deux espèces passent l’hiver au stade de pré-pupe.
Les femelles nichent principalement dans les trous présents dans le bois mort (ex. trous de sortie de coléoptères) ainsi que dans des tiges creuses de plantes plutôt rigides, comme par exemple les ronces. Ce sont des abeilles qu’on retrouve aussi régulièrement dans les jardins et sur les balcons si on y aménage des sites de nidifications propices (bouts de bois avec des trous ou morceaux de bambou). Les nids sont formés d’une seule galerie, dans laquelle la femelle construit à la suite plusieurs cellules à couvain. Les premières cellules construites donneront des femelles, les dernières des mâles. Chaque cellule est séparée par un paroi fine en résine. La réserve de pollen est solide, seulement légèrement humide, et déposée en tas au fond de la cellule. L’œuf est ensuite pondu dessus. Chaque nid comprend en général 4 cellules à couvain (1-10). Entre la dernière cellule et l’entrée du nid, un espace vide est toujours laissé par la femelle. Le nid est ensuite fermé par un épais bouchon de résine mélangé à de la terre, des petits cailloux et autres matériaux. Une femelle construit en moyenne 8 cellules à couvain au cours de sa vie. Les vieux nids sont régulièrement nettoyés et réutilisés.
Les abeilles du genre Heriades sont parasitées par l’abeille-coucou Stelis breviuscula. La guêpe parasite Sapygina decemguttata est aussi régulièrement rencontrée sur les sites de nidifications.
Préférences florales
Toutes les espèces de Suisse sont oligolectiques et ne récoltent que le pollen d’Asteraceae. Les femelles récoltent le pollen en tapotant de manière rapide et répétée leur abdomen sur les inflorescences. Ce comportement s’observe très facilement sur le terrain et peut donner une bonne indication pour l’identification. Un vol de récolte est extrêmement rapide et dure rarement plus que 3-4 minutes.
Comportement de reproduction
Les mâles sont régulièrement observés patrouillant autour des inflorescences d’Asteraceae. La copulation a souvent lieu sur les fleurs.
| Espèce | Nom vernaculaire | Groupe (scientifique) |
|---|---|---|
| Heriades crenulata Nylander, 1856 | ||
| Heriades truncorum (Linnaeus, 1758) | ||
| Heriades rubicola Pérez, 1890 |