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Amegilla

Le genre Amegilla comprend environ 250 espèces au niveau mondial, distribuées dans les régions paléarctiques, afrotropicales, indomalaises et australiennes. Son centre de diversité se situe en régions tropicales, l’Europe centrale se trouvant à la limite nord de la distribution du genre. De ce fait, seules quatre espèces se trouvent en Europe centrale et étaient historiquement présentes en Suisse. Actuellement, seules deux espèces sont encore régulièrement observées chez nous.

Le statut taxonomique du genre Amegilla reste controversé. En effet, certains auteurs considèrent qu’il s’agit d’un genre à part entière alors que d’autres le considèrent comme un sous-genre du genre Anthophora. Nous suivons ici la révision proposée par Brooks (1988), reprise par Michener (2007) et Scheuchl & Willner (2016), et considérons le genre Amegilla comme un genre distinct du genre Anthophora. Dans les clés d'identification européennes, ses espèces sont généralement inclues dans le genre Anthophora.

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Mâle d'Amegilla albigena surpris au réveil. On peut voir les caractères typiques du genre Amegilla : la face largement teintée de blanc et l'abdomen rayé à pilosité foncée sur le disque des tergites et claire sur la marge. Photo © Killian Vaucher.

Comment les reconnaître ?

Le genre Amegilla regroupe des abeilles de taille moyenne (8-10 mm) à grande (12-15 mm) possédant un thorax et un abdomen trapus. Ce sont des espèces à langue longue qui possèdent trois cellules cubitales. La séparation sur le terrain avec les abeilles des genres Anthophora et Tetralonia n’est pas toujours évidente, cependant elle est généralement possible en tenant compte de la coloration toujours blanchâtre de la face (vs absente ou généralement jaune) et de la pilosité rayée noire et blanche/beige de l’abdomen, noire sur le disque des tergites et formant de larges bandes claires sur la marge (vs pilosité différente, souvent plus homogène, plusieurs tergites étant recouverts d’une pilosité clair aussi sur le disque chez Anthophora et marge des tergites largement glabres chez Tetralonia). Les deux espèces présentes en Suisses peuvent en général être reconnues sur le terrain en tenant compte de leur taille et de leur morphologie respective.

Les critères diagnostiques des femelles sont l'étendue de la coloration blanchâtre de la face ainsi que la longueur et la coloration de la pilosité du métatarse 3. Chez les mâles, les critères les plus importants sont la forme du tergite 7, la couleur de la pilosité du métatarse 3, la forme des gonostyles ainsi que l’étendue de la coloration claire de la face.

Pour l’identification du genre Amegilla, une clé de détermination est présente dans le livre Apidae 5 publié en 2007 dans la série Fauna Helvetica et disponible ici. Cependant, dans cet ouvrage, le genre Amegilla est considéré comme un sous-genre du genre Anthophora. La révision de Brooks (1988) pour la tribu des Anthophorini est une source d'informations importante, notamment pour connaître les critères permettant de séparer les genre Anthophora et Amegilla.

Cycle de vie et nidification

Les abeilles du genre Amegilla sont des espèces estivales. Elles ne forment qu’une seule génération par année, les mâles émergeant généralement nettement avant les femelles. Les individus de la nouvelle génération passent en général l’hiver au stade adulte, à l’intérieur de leur cellule.

Ce sont des abeilles excavatrices, nichant le plus souvent dans des structures verticales, comme des parois ou des talus exposés. Elles préfèrent en général les sols sableux ou de Loess. Lorsque les conditions sont réunies, elles peuvent former de grandes agrégations, un même site de nidification pouvant accueillir plusieurs espèces. La structure des nids du genre Amegilla est peu connue, mais elle ressemble très probablement à celle des espèces terricoles du genre Anthophora. Chez ces dernières, le nid consiste souvent en une galerie plus ou moins horizontale, parfois ramifiée, se terminant par un nombre limité de cellules à couvain disposées les unes derrière les autres. La paroi interne de la cellule est recouverte d’une couche cireuse blanchâtre caractéristique.

Les espèces du genre Amegilla sont des hôtes réguliers des abeilles-coucous du genre Thyreus. Les nids peuvent aussi être parasités par certains coléoptères de la famille des Meloidae (notamment Sitaris muralis) et des guêpes parasites de la super-famille de Chalcidoidea (par exemple Leucospis gigas).

Préférences florales

Toutes les espèces du genre Amegilla sont polylectiques. Comme ce sont des abeilles à langue longue, la plupart des espèces montrent cependant une préférence pour les fleurs à corolle profonde, comme les Fabaceae, les Lamiaceae ou encore les Boraginaceae.

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Bien que généralistes, les abeilles du genre Amegilla apprécie tout particulièrement les fleurs à corolle profonde, comme celles de Lamiaceae. Ici, une femelle d' A. garrula récoltant sur Salvia glutinosa. Photo © Dimitri Bénon.

Comportement de reproduction

On connait peu le comportement de reproduction du genre Amegilla. Les mâles patrouillent en général autour des patchs de plantes-hôtes en faisant des vols rapides entrecoupés de courts vols stationnaires.

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