Rophites
Le genre Rophites est un petit genre comprenant une quinzaine d’espèces dont la distribution est limitée à la région paléarctique. Deux espèce sont présentes en Suisse, R. algirus et R. quinquespinosus.
Comment les reconnaître ?
Le genre Rophites regroupe des abeilles de taille moyenne (8-10 mm) qui ont une tête plutôt allongée et la marge des tergites recouverte d’une dense bande de poils clairs. Leur morphologie générale peut faire penser à celle du genre Halictus, cependant de nombreux caractères morphologiques (notamment 2 cellules cubitales sur les ailes antérieures de Rophites vs 3 chez Halictus) et biologiques (voir ci-dessous les Préférences florales) permettent de séparer ces deux genres.
Les femelles sont caractérisées par leur tête allongée recouverte de gros poils modifiés (épines) sur le front (ainsi que sur le clypeus chez R. quinquespinosus), leur clypeus nettement bombé, ainsi que leurs antennes courtes qui s’insèrent assez bas sur la face. Elles ont un abdomen trapu et une scopa présente sur le tibia des pattes postérieures. Les mâles ont de longues antennes fortement rétrécies à leur extrémité et jaunes sur leur face inférieure, ainsi qu’un abdomen allongé, le tergite 7 portant une plaque pygidiale nettement visible. Ils ont aussi des tarses orangés bien visibles. Les femelles peuvent être identifiées sur le terrain avec une petite loupe et grâce à leurs préférences polliniques. Les mâles se séparent uniquement sous la loupe binoculaire.
Pour l’identification du genre Rophites, une clé de détermination est présente dans le livre Apidae 2 publié en 1999 dans la série Fauna Helvetica. Ce volume comprend aussi les clés et les descriptions d’espèces pour d’autres genres, notamment Rhophitoides et Systropha. La version rééditée (2014) peut être commandé sur le shop en ligne du Centre Suisse de Cartographie de la Faune (CSCF).
Cycle de vie et nidification
Les abeilles du genre Rophites sont des abeilles solitaires volant à la fin du printemps ou/et en été. Avec les mêmes climatiques, R. algirus émergent environ 4 semaines avant R. quinquespinosus. Les mâles émergent quelques jours avant les femelles. Les larves forment un cocon composé de deux couches bien distinctes : une extérieure dense et solide, une intérieure très fine et blanchâtre. Contrairement à la plupart des autres genres, les larves de Rophites se vident de leurs excréments après avoir tissé leur cocon. Les individus passent l’hiver au stade de pré-pupe.
Ce sont des espèces excavatrices nichant dans les sols à végétations clairsemées. L’entrée des nids se trouvent souvent à la base de touffes d’herbes. Le nid de R. quinquespinosus a été décrit en détail par Stoeckhert (1922). Le nid consiste en une galerie verticale plus ou moins sinueuse s’enfonçant dans le sol sur une dizaine de centimètres. Les cellules à couvain se sont placées individuellement ou par deux au bout de galeries latérales horizontales pouvant atteindre jusqu’à 10 cm de long. Les cellules sont de forme arrondie. Leur paroi interne est lisse, mais elle ne semble recouverte d’aucune couche protectrice, bien que cela soit très probablement le cas. Les cellules sont arrangées de haut en bas, de sorte que les cellules se trouvant le plus haut dans le nid sont aussi les plus vieilles.
La très rare abeille-coucou Biastes emarginatus est spécialisée sur le genre Rophites.
Préférences florales
Toutes les espèces du genre Rophites sont spécialisées sur Lamiaceae. Chez nous, R. algirus récolte essentiellement sur Stachys recta alors que R. quinquespinosus récolte principalement sur Stachys offincinalis et Ballota nigra.
Comportement de reproduction
Les mâles patrouillent intensivement autour des plantes-hôtes à la recherche de femelles. Ils ont un vol rapide saccadé. Ils passent en général la nuit sur les inflorescences, parfois en petit groupe.
| Espèce | Nom vernaculaire | Groupe (scientifique) |
|---|---|---|
| Rophites algirus Pérez, 1895 | ||
| Rophites quinquespinosus Spinola, 1808 |