Tetralonia
Le genre Tetralonia est inclus dans le complexe de genres lié au genre Eucera. Les limites des genres au sein de ce complexe ne sont toujours pas entièrement claires, comme indiqué sur la page du genre Eucera (Michener 2000, Dorchin et al. 2018). Nous conservons temporairement la classification traditionnelle et considérons deux genres séparés, Eucera et Tetralonia. Le genre Eucera comprend toutes les espèces à deux cellules cubitales ainsi que les espèces à trois cellules cubitales du sous-genre Synhalonia, tandis que le genre Tetralonia regroupe toutes les autres espèces à trois cellules cubitales – y compris celles anciennement classées dans le genre Tetraloniella. La distinction entre Tetralonia et Tetraloniella, proposée par Michener (2000), n'est pas retenue ici, la monophylie de ces deux groupes n'étant pas établie (Dorchin et al. 2018). En Suisse, on retrouve sept espèces dans le genre Tetralonia.
Comment les reconnaître ?
Le genre Tetralonia regroupe une majorité d’abeilles de taille moyenne (8-12 mm) et quelques espèces de grande taille (12-15 mm). Ce sont des abeilles robustes qui possèdent un thorax et un abdomen trapus. Contrairement au genre Eucera, l'aile antérieure a trois cellules cubitales; de plus, seule la base des tergites est recouverte d'une bande de poils feutrés; les espèces du genre Eucera ont généralement des bandes de poils sur toute la largeur des tergites. Les femelles sont caractérisées par leur large tête dont la face est souvent en partie jaune, leur mesonotum recouvert d’une pilosité dense et régulière, les grandes brosses à pollen des tibias, ainsi qu’à leur large abdomen. Les mâles se reconnaissent à leurs longues antennes, qui sont généralement plus courtes que la taille du corps, soit un peut plus courtes que chez le genre Eucera, ainsi qu’à leur face en partie jaune. Les différentes espèces du genre Tetralonia ne peuvent pas toujours être séparées sur le terrain, notamment le groupe d’espèces spécialisées sur Asteraceae: une identification sûre nécessite souvent l’utilisation d’une loupe binoculaire, en particulier pour les mâles.
Contrairement aux espèces du genre Eucera, les espèces du genre Tetralonia ne visitent que rarement les Fabaceae, à l'exception de T. salicariae.
Pour l’identification du genre Tetralonia, une clé de détermination est présente dans le livre Apidae 5 (Amiet et al. 2007).
Cycle de vie et nidification
Les abeilles du genre Tetralonia sont des espèces estivales, nettement plus tardives que les espèces du genre Eucera. Toutes les espèces ne forment qu’une seule génération par année, les mâles émergeant en général 1-2 semaines avant les femelles. Les larves forment un cocon composé de deux couches. Les individus passent l’hiver dans leur cocon au stade de pré-pupe.
Ce sont des espèces excavatrices nichant plutôt dans les sols à végétation clairsemée ou nulle. Elles forment parfois de grandes agrégations. Les nids de plusieurs espèces, notamment T. dentata et T. macroglossa ont été décrits en détail. Leur structure générale est très similaire. Elle consiste en une galerie principale s’enfonçant plus ou moins à la verticale sur 10-20 cm. Quelques centimètres avant son extrémité, la galerie forme souvent un coude et continue à l’horizontale. Selon les cas, l’extrémité de la galerie principale est ramifiée ou non. Chaque galerie (secondaire ou principale) se termine par une cellule à couvain positionnée à la verticale. Les cellules sont de forme ovale et leur paroi interne est lisse et recouverte d’une fine couche protectrice. La provision est particulièrement liquide : pollen et nectar ne sont pas mélangés, la masse pure de pollen étant simplement recouverte par du nectar, de sorte que le pollen semble baigner dans le nectar. L’œuf est alors déposé sur cette provision et semble flotter à sa surface. La cellule est ensuite fermée par un bouchon de terre en forme de spirale.
Quelques espèces du genre Tetralonia sont les hôtes de l’abeille-coucou Triepeolus tristis, une abeille très rare en Suisse.
Préférences florales
Toutes les espèces du genre Tetralonia sont plus ou moins strictement oligolectiques, du moins en Suisse, et la plante-hôte facilite souvent l'identification de l'espèce. Quatre espèces récoltent exclusivement sur Asteraceae : T. alticincta, T. fulvescens et T. inulae sont spécialisées sur le pollen d’Asteroideae, T. dentata sur celui de Carduoideae. T. macroglossa récolte uniquement le pollen de Malvaceae et T. salicariae principalement celui de Lythraceae.
Comportement de reproduction
Les mâles patrouillent en général autour des plantes-hôtes à la recherche de femelles. Ils passent souvent la nuit dans les fleurs des plantes-hôtes ou accrochés à des inflorescences d’autres espèces.
| Espèce | Nom vernaculaire | Groupe (scientifique) |
|---|---|---|
| Tetralonia macroglossa (Illiger, 1806) | ||
| Tetralonia hungarica (Friese, 1895) | ||
| Tetralonia alticincta (Lepeletier, 1841) | ||
| Tetralonia dentata (Germar, 1839) | ||
| Tetralonia malvae (Rossi, 1790) | ||
| Tetralonia salicariae (Lepeletier, 1841) | ||
| Tetralonia fulvescens Giraud, 1863 | ||
| Tetralonia inulae Tkalců, 1979 | ||
| Tetralonia pollinosa (Lepeletier, 1841) |