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Migration piscicole

Le retour du castor est parfois perçu comme un problème. En effet, des craintes existent quant à la franchissabilité des barrages par les poissons et en conséquence à l’impact de ces ouvrages sur la migration piscicole.

Une étude réalisée entre 2020 et 2023 a évalué le taux de passage de barrages de castors dans trois territoires de castor en Suisse. En voici les résultats en bref :

  • Un ruisseau latéralement connecté avec des chenaux latéraux conduit à un nombre élevé de remontées. Sur le site d’étude du Schwarzbach, ce sont près de 75 % des truites qui ont réussi à franchir le barrage de castor.
  • Nous avons pu démontrer grâce au tronçon d’étude du Chriesbach (une rivière relativement incisée mais présentant tout de même un petit lit majeur) que la formation rapide de chenaux latéraux sur le lit majeur en cas de crues peut faciliter la remontée des poissons. Sur ce tronçon, même une espèce aussi peu mobile que le chabot parvient à franchir le barrage (35 % des individus).
  • Les remontées coïncident généralement avec les crues ou la baisse des débits de crue. En l’absence de formation de chenaux secondaires, les poissons profitent d’une égalisation entre les niveaux d’eau amont et aval pour franchir le barrage de castor.
  • Les conditions météorologiques influencent grandement le succès de traversée : Les années humides (2021), la remontée des poissons était plus facile tandis qu’en période de sécheresse (2022), la remontée des poissons était plus difficile.
  • Ainsi, on peut conclure que dans un cours d'eau suisse « normal », un barrage de castor ne pose pas de problème aux poissons.
  • Ce n'est que dans les cours d'eau régulés, comme les passes à poissons, ou lors de phases particulièrement sèches pendant la migration de frai des truites de lac/des saumons, que des problèmes pourraient se poser.

Notre étude a démontré que les craintes liées au retour du castor et son effet sur la migration des poissons sont largement infondées : en effet, les barrages du rongeur peuvent bel et bien être franchis par les poissons, et ce par toutes les espèces étudiées.

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